MEMORIES PHOTO 3

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Mai 1980, Salle des concerts, Armand MEIGNAN et DANIEL ROUSSEAU (à droite en regardant la photo) respectivement Secrétaire et Président de l’Association CHORUS, lors de la première édition du « Festival de Jazz du Mans » ! En co-production avec Le Centre Jacques Prévert, l’association CHORUS initia et porta sur les fonts baptismaux, la première édition du futur Europajazz ! L’association LE MANS JAZZ ACTION arriva quelques mois plus tard en Octobre 1980… Il fallait « rendre à César ce qui appartient à César ! » et faire ce petit clin d’œil à Daniel Rousseau, sans lui peut-être que l’Europajazz ne fêterait pas ses 40 ans !

Photo : archives Europajazz

MEMORIES PHOTO 2

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Mai 2002, Abbaye de l’Epau Le Mans : Matthieu Liégeois, Bernard Lubat, Jacky Liégeois… Après l’Europajazz qu’il accompagnera pendant près de 20 ans, notre agitateur graphiste Jacky Liégeois et son fils Matthieu nous quittera pour poursuivre l’aventure du Groupe d’Intervention graphique avec Uzeste Musicale et Bernard Lubat… Pour nos 40 ans, il revient avec une exposition rétrospective magnifiquement vintage (à « l’Arbre à Papiers » 47 rue du Maine au Mans, du 15 avril au 30 mai) de ces œuvres les plus marquantes ! Un souvenir ? Son fameux King Kong qu’il avait peint sur tous les murs du Mans en avril 1986…

 

Photos (archives Europajazz)

MEMORIES PHOTO 1

MEMORIES PHOTO 1

Jusqu’au 15 mai (final du 40e Europajazz oblige !) le « Memories Book » fait une pause ! Il sera remplacé chaque semaine par un souvenir photographique des grands et petits moments du festival !

Vendredi 02 Avril 1999 : première venue à l’Europajazz de DIANNE REEVES, qui croise à cette occasion une chanteuse mancelle très douée, AGNES AUMIS , photo souvenir entre la débutante et la diva ! Mais qu’est devenue Agnès Aumis ?

n°76

KEMENER, TANGUY, MOLLARD, EBREL, PELLEN, MARCHAND… JAZZ & BREIZH….  TOUJOURS !

Depuis toujours (ou presque !) l’Europajazz a entretenu des rapports réguliers et audacieux avec les musiques bretonnes !

Point de départ : la fameuse création « Sax & Bagad » proposée par Henri Texier en 1987, avec (excusez du peu !)  Henri Texier Quintet + Joe Lovano + Dewey Redman+ Kenny Wheeler + Le Bagad de Quimperlé, et  qui est resté très fortement dans les mémoires ! Point final provisoire : un double projet (Régional Tour + Tournée régionale dans les Maisons d’arrêt) confié au quartet de Jacky Mollard en 2011.

Une belle série de projets toujours novateurs et imaginatifs  : Sylvain Kassap + le Quintet de Clarinette de Bretagne en 1990, Jacques Pellen Celtic Procession en 1994, Jacques Pellen/Eric Marchand/Paolo Fresu en 1996, Annie Ebrel/Riccardo Del Fra/ Jacques Pellen+ guests  pour un fameux Régional Tour en 2003, un solo magique d’Annie Ebrel dans le cadre d’une « Nuit de la Voix » en 2005, juste avant « les Diaboliques » Léandre, Nicols, Schweizer…

Le sommet fut probablement cette soirée du 23 avril 1996 avec un Guy Le Querrec Special Project  + « Jazz comme une Image », dans  un Palais des Congrès du Mans comble (1 400) avec un casting de rêve Michel Portal, Henri Texier, Louis Sclavis, Jean-Pierre Drouet, Danyel Waro, Eric Marchand, Dominique Jouve, Le Bagad Men Ha Tan de Pierrick Tanguy ! Une soirée riche en rencontres totalement inédites comme ce duo, l’un des plus superbes proposé par l’Europajazz en quarante ans : la rencontre «a capella» de Danyel Waro et Eric Marchand !….

La disparition, la semaine dernière, de Yann-Fanch Kemener fait remonter tous ces souvenirs de « breizh » !

Yann Fanch Kemener ? Une voix bretonne mais quelle voix ! Il aurait fait du jazz, il aurait été Gregory Porter ou plus encore, Jon Hendricks !

Sa rencontre le 30 avril 2000 avec le trio de François Corneloup sous  les voûtes boisées du dortoir des Moines de l’Abbaye de l’Epau Le Mans, fut  plus que mémorable. Sa voix, cette voix bretonne à la tessiture si particulière rappelant, certes, celle des vieux chanteurs bretons et pourtant si moderne, se confrontant  à une autre voix celle du baryton de François Corneloup, soutenue par la contrebasse de Claude Tchamitchian et la batterie d’Eric Echampard, était  bien loin du folklore bretonnant et  peut-être parce qu’elle rencontrait un trio de jazz, elle devenait une voix humaine ancestrale surgit du fond des temps…

Toute l’équipe de l’Europajazz gardera aussi le sourire malicieux de Yann-Fanch , avec sa tête de korrigan mutin et bienveillant, qui justement touchait à l’universelle en partant d’une langue considérée par beaucoup comme folklorique…

 

Texte : Armand Meignan

Photo : DR (Corneloup, Kemener, Tchamitchian)

n°75

CIMERMAN DE LAVARE

À quand remonte le premier « Régional Tour » ? Même si en mai 1980 le premier festival organisait déjà un concert hors Le Mans à La Suze, ce n’est vraiment qu’en 1988 qu’est née la première grande tournée « In Sarthe » avec plus de 15 concerts du Patrick Gleyzes Special Quintet !

Ce sera donc en 2019, la 32e édition du « Régional Tour » ! Henri Texier (3 fois), Laurent Dehors, Claude Barthélémy, Denis Charolles, Claude Tchamitchian, Daniel Mille, Patrice Caratini, Le Workshop de Lyon, Louis Sclavis (3 fois dont un « Monumental Tour » de 25 dates pour les 25 ans du festival), Daniel Humair (3 fois), Willem Breuker Kollektief, Michel Portal (pour 15 concerts !), Sylvain Luc, Bojan Z, Éric Le Lann, Vincent Peirani, Emile Parisien, en furent quelques-uns des principaux hérauts (et héros !). Les tournées régionales autour d’un festival sont aujourd’hui assez fréquentes dans le paysage jazzistique hexagonal, mais elles n’atteignent jamais le nombre de concerts proposés par l’Europajazz !
Depuis toujours, l’Europajazz travaille en réseaux, fédère, construit, initie, s’accorde et s’harmonise avec tous les partenaires possibles : nous avons ainsi visité plus de 170 villes et villages différents depuis notre création !

Et en plus, parfois quelques lieux échappent au Régional Tour, par désir d’indépendance ou de proximité avec d’autres lieux visités par le Régional Tour, ils souhaitent avoir une programmation différente !

Lavaré, petit village du Nord-Sarthe, 846 habitants et son église St Pierre, joyau du 11e siècle, classée monument historique, a fait partie pendant dix ans (2001 à 2010) de ces lieux improbables pour le jazz, mais devenu incontournable pour le programme de l’Europajazz !

Charles Cimerman, parisien installé depuis les années quatre-vingt avec son épouse Annette dans ce village, car c’est dans ce village même qu’il avait été caché comme enfant juif pendant la guerre, amateur des jazz(s) d’aujourd’hui, avait follement envie de les entendre à Lavaré ! Spectateur assidu de l’Europajazz, on se rencontre, on se plaît et on prend le risque de dix ans de concerts avec une préférence comme invité pour Louis Sclavis (3 fois), Portal, Courtois, Barthélémy, Tchamitchian, Charolles, Minvielle, etc… Et une église pleine (250) à chaque fois… Dix ans d’un travail exemplaire pour faire jouer des musiciens inconnus devant un public néophyte, pour souvent un premier contact avec le jazz contemporain… Puis un accueil haut de gamme : repas à la maison, produits du terroir, et départ à plus d’heure…

L’histoire de l’Europajazz est riche de ces personnages qui ont construit avec nous une série de concerts dans des lieux très insolites, hors des circuits culturels : Claude Denis à Beaumont Pied De Bœuf, Michel Leroy à Bessé Sur Braye, l’équipe des Trottoirs Mouillés à Dompierre, Yves et Marinette Barré à Saint-Symphorien, les bénévoles de « On se bouge » à Ancinnes, et j’en oublie… des « militants », totalement bénévoles, hors normes, des amoureux du jazz et… de l’Europajazz !

Texte Armand Meignan
Photo DR : Armand Meignan et Charles Cimerman,une heure avant le concert, attendant le public, devant l’Eglise St Pierre !

n°74

ANDRE FRANCIS…. ANDRE FRANCHISE !

André Francis, 93 ans, vient de nous quitter ! Est-ce que son nom parle encore aux jeunes amateurs de jazz (oui oui, il y a toujours des jeunes qui aiment le jazz !) ?

Avant d’être un « visiteur attentif » de l’Europajazz, ou même un partenaire de programmation lors de l’édition 1990 où on invita les groupes de l’Union Européenne de Radiodiffusion, et d’être mon successeur à Orléans Jazz que je quittais avec fracas en 2001 après quatre années de direction artistique, il fut très probablement l’un des personnages les plus importants de ma vie professionnelle et donc de l’Europajazz !

Dans les années soixante, dans une petite ville sarthoise, mon premier contact avec le jazz fut prioritairement la radio, avec un légendaire radio transistor Sokol pour dévorer sur France Inter et France Musique les émissions d’André Francis, pédagogue éclairé et grand porteur de découvertes pour un « provincial » qui n’allait pas au concert et avait beaucoup de mal à trouver des disques. Premier vinyle acheté à La Ferté-Bernard (Sarthe), chez un marchand de télévision et d’électroménager, en 1964, un Thelonius Monk… Y’a vraiment pire comme premier achat jazz !

André Francis était aussi l’auteur de mon livre de chevet « Jazz » (j’ai encore la 5ème édition sortie en 1966, au seuil, collection « solfèges » !), même si parfois ses prises de position sur le free jazz pouvaient me heurter, moi qui étais entré en jazz par John Coltrane, Albert Ayler ou Archie Shepp !

Après, nos relations furent parfois frontales mais toujours franches : opposition et échanges non mouchetés dans le CA de l’ONJ, lors de la nomination de Paolo Damiani, dont il ne voulait pas, discussions vives lors de ses séjours au Mans sur mes passions avouées pour le free ou mes choix européens qui le surprenaient toujours, longue discussion un jour (ou une nuit) sur Fred Van Hove et Evan Parker et la Musique Improvisée Européenne… André était toujours direct et franc, pas tortueux et parfois ça faisait du bien de s’engueuler un peu ! …Et puis on savait qu’on avait un grand point commun : on était des « militants du jazz » !

Mais le plus beau souvenir appartient à l’Europajazz 1999, lors de sa présence au Mans pour un double concert ONJ Didier Levallet et VIENNA ART ORCHESTRA (qu’il aimait beaucoup, comme moi !) je fus saisi par une envie subite, malgré nos accrochages, de le remercier pour ce qu’il fit découvrir à un jeune adolescent isolé en province. J’annonçais au public que sans une personne qui était là ce soir, je n’aurai pas aimé le jazz, l’Europajazz n’aurait pas existé, et il n’y aurait pas eu cette soirée… Et je fis applaudir André Francis par plus de mille personnes présentes ce soir-là ! Et franchement c’était bien… Merci André !

Texte : Armand MEIGNAN
Photo : DR

n°73

LAZRO… 20 ANS APRES !

Cette année, nous fêtons les 40 ans de l’Europajazz qui a été créé et porté par deux associations  : Le Mans Jazz Action de 1980 à 1985 et Le Mans Jazz Festival ensuite ! Mais, en fait la première édition a été mise en place par l’association Chorus et le Centre Jacques Prévert et dans ces deux structures, on retrouvait les personnalités historiques de l’Europajazz presque toutes encore là aujourd’hui !

Le Mans Jazz Action fut créé donc après la première édition du festival, et organisa son premier concert le 05 Octobre 1980 !

Après un premier festival très éclectique (De Marion Williams à Jacques Thollot et de Joe Mc Phee à Panama Francis…), il nous fallait sûrement marquer notre territoire et annoncer à tout le monde que c’était quand même le « free-jazz » notre musique de chevet !  Et ce fut notre tout premier concert organisé dans un lieu improbable : un recoin avec quelques chaises dans le sous-sol de Maine 2000 (Place des Comtes du Maine aujourd’hui) car nous avions déjà le sens de l’Underground !

Le programme ? Pas le plus consensuel possible : un solo de saxophone proposé par Daunik Lazro, un jusqu’auboutiste du free, qui nous semblait l’invité idéal pour remettre les pendules à l’heure : nous voulions du free, du free, du free-jazz !

Du free oui, du fric non ?  25 frs l’entrée soit à peine 4 euros !… Il est probable que notre première « en sous sol », dans le genre premiers chrétiens dans les catacombes, n’a pas eu la force de communication souhaitée et que méritait notre saxophoniste seul : 13 entrées payantes ! De quoi décourager les plus non motivés, mais pas nous !

Pour nos vingt ans, en mai 1999, Daunik lazrro, devenu un invité régulier du festival, trônait sur l’affiche du Festival, symbole triomphant du jazz européen !

Cette année là, il proposait une carte blanche avec quelques compagnons de route et de musique improvisée : Carlos Zingaro, Joe Mc Phee, Raymond Boni, Claude Tchamitchian, Jean Bolcato, Christian Rollet !   Une belle affiche pour 300 spectateurs conquis et un Théâtre Paul Scarron plein à craquer…

En vingt ans on avait fait 287 personnes de plus !

La dernière visite de Daunik fut en duo de saxophone baryton avec Francois Corneloup, le 09 mai 2015, à La Fonderie : toujours épatant et free et devant une salle pleine !

 

Photo affiche et Texte ARMAND MEIGNAN

n°72

MARCEL, MUGUET, RILLETTES, PAULETTE… ET LES ENFANTS !

C’était le 01 mai 1987 ! On peut pas se tromper, regardez la photo, c’est du muguet entre les mains de l’accordéoniste ! Et c’est les mains du grand Marcel Azzola, venu en trio avec Marc Fosset et Patrice Caratini, pour sa première visite à l’Europajazz !

Oui, c’était le temps du muguet et surtout le temps où on accueillait les musiciens  « en famille » avec fleurs, bisous et petits cadeaux ! Et puis Marcel, c’était aussi pour faire plaisir à Paulette, reine du catering (voir le « memories book » N°32) car des années avant il l’avait fait danser avec son « Jules » (Claude !), comme on disait à l’époque, dans des dancings trop tôt disparus : « Robinson » ou « Les Rosiers ».

C’était aussi sans doute un concert pour attirer mon père (qui n’avait  jamais mis les pieds ni les oreilles au festival, et qui n’y viendra jamais !), accordéoniste dans sa jeunesse, mais tendance « Verchuren » et « Aimable », Azzola devait y avoir trop de notes pour lui, trop virtuose, pas assez « dansant »  !

Et çà lui faisait drôle à Paulette de voir Marcel avec Caratini et Fosset « en concert » sur la grande scène du Palais des Congrès du Mans avec des spectateurs nombreux mais assis, pas de place pour danser, même pour un rappel flamboyant qui lui fut spécialement dédicacé : « Indifférence », un tube !… Cela aurait été bien de le dédicacer à mon père : « Indifférence » !….

Marcel est revenu nous voir souvent en 1990 (avec le même trio à Allonnes), en 1992 (pour une soirée avec Marc Perrone et un bœuf final avec Louis Sclavis et Dominique Pifarely), en 2001 comme invité du trio de Jacques Vidal au Lude. Comme c’était plus un premier mai, on offrait des « Rillettes », du « Jasnières » enfin bon… des produits locaux.

Musicien immense, d’une modestie infinie, curieux de tout comme ce soir du 31 mai 1992, dans le dortoir de l’Abbaye de l’Epau, où il écouta en entier, caché derrière le rideau de scène, l’Acoustic Quartet de Louis Sclavis et Dominique Pifarély (et c’était pas du musette !) qui passait en première partie de son concert avec Marc Perrone ! Il adorait ça ! En fait, nous aurions dû lui proposer un « special project » en duo avec Médéric Collignon ou même Joëlle Léandre !

Depuis Marie et Armand jr ont bien grandi… Et Marcel est parti lundi dernier ! La veille, il disait à Lina Bossatti, sa « pianiste » : « il faut qu’on s’y remette ! ».

Nous ne faisons plus de concerts le 01 mai, mais pour le final de nos quarante ans le dimanche 12 mai prochain, il y aura un bouquet de muguet pour Marcel sur la scène ! On le glissera tout près de l’accordéon de Vincent Peirani…

 

Texte : Armand Meignan / Photo : Guy Le Querrec

n°71

BOY BOY BOY !!!

Boy Raaymakers, qui nous a quitté à 74 ans le 30 décembre dernier, ne figure dans aucun dictionnaire du jazz ! Trompettiste virtuose, pourtant, il était simplement l’un des piliers du formidable Kollektief de Willem Breuker, qu’il « a habité » de septembre 1974 à fin 2007. Dès 1967, il tourne en Europe avec l’un des ensembles les plus légendaires de la Free-Music Européenne, Pierre Courbois Free Music Quartet puis forme son groupe avec deux américains historiques de la chose improvisée : Noël Mc Ghee et Burton Greene et il  continuera ensuite à jouer avec JC Tans ou Théo Lovendie…

On ne peut pas dire non plus que son « départ » a fait la une des réseaux sociaux, même pas aux Pays-Bas !

Si vous êtes des fans de l’Europajazz vous connaissez déjà notre amour pour Willem Breuker et son Kollektief venu de très nombreuses fois au Festival (83, 89, 94, 2000, 2007…). Il était exactement  l’image du jazz européen que l’on aimait et qu’on voulait absolument faire partager au plus grand nombre : free mais festif, décapant et populaire, alliant musique et théâtre, porteur de bonheurs musicaux partagés par tous les publics !

Dans ce Kollektief qui cultivait une mise en scène très élaborée, Boy était le clown Blanc ! Avec l’autre trompettiste du Kollektief (Andy Altenfelder), voir photo, c’était un duo d’une connivence exceptionnelle aussi bien en musique qu’en théâtralité… Lors du fameux Régional Tour 2000 du Kollektief (10 dates de La Ferté-Bernard à Laval, en passant par Flers, Sillé-Le-Guillaume, la Chapelle St Aubin, Le Mans (pour un concert étudiant), Saint-Calais, Nantes (Le Pannonica), la Flèche, Savigné-l’Evêque avec ma maman comme spectatrice enthousiaste et Laval…), Boy fut le roi, essayant de parler français, de parler avec  les responsables de lieux, le public… Un Régional Tour de légende, l’un des plus beaux peut-être…

Boy, impayable musicien triste mais si chaleureux, qui quitta le Kollektief trois ans avant la mort de Willem Breuker car il ne supportait plus de le voir diminué par la maladie… Boy qu’on aurait dû inviter avec ses groupes… Boy restera un musicien « inconnu » des dictionnaires du jazz, comme un soldat oublié, mais pas d’Arc de triomphe au-dessus de sa tête, rien que la reconnaissance infinie de quelques fans qui  connaissaient son talent et sa générosité !

La grande histoire est injuste souvent, celle du jazz encore plus…

 

Photo et texte : Armand Meignan.

n°70

SEAN BERGIN… SPRINGBOK EN GRAND FORMAT !

Connaissez-vous Sean Bergin ? Même si vous êtes totalement fêlés de jazz, et (ou) inconditionnel de l’Europajazz, je ne pense pas que vous connaissiez ce saxophoniste d’origine Sud-Africaine (mais blanc !) émigré en 1976 à Amsterdam pour fuir l’apartheid et décédé à 64 ans en 2012, et ne figurant dans aucun « Dictionnaire du jazz » !

Pourtant, en mai 1985, les spectateurs de l’Europajazz avaient remarqué déjà, tant au sein des pétaradants Rockets de JC Tans qu’au cours du final explosif de la Cie Lubat, ce saxophoniste puissant, impressionnant, véritable force de la nature (genre troisième ligne de rugby !) prenant des solos sur la corde raide et insufflant a ses partenaires une pulsion, un drive, un swing phénoménaux…

Tel le pianiste Chris Mc Gregor (plus célèbre) qui s’exila en Angleterre, Sean lui choisira les Pays-Bas, fréquentant d’emblée les meilleurs improvisateurs hollandais. Tout comme Chris Mc Gregor avec la Free Music Anglaise, il va créer une musique qui est bien plus qu’ une synthèse de plusieurs cultures mais un brassage incroyablement créatif entre l’improvisation, l’esprit et l’humour du free jazz hollandais et la respiration dansante et rythmée de l’Afrique australe…

Six ans après, Le 09 mai 1991, en première partie de l’Unit de Michel Portal, nous invitons sur la grande scène du Palais des Congrès du Mans son groupe, le « SEAN BERGIN AND MOB » qui laissa un souvenir incandescent à tous les spectateurs présents ce soir- là (712 payants quand même !) ! Concert tellement marquant que nous décidions l’année suivante d’utiliser une photo (signée Mephisto) de notre Sean Bergin (au concertina qu’il pratiquait aussi) pour l’affiche générique du Festival 1992.

Cette année-là nous invitions le CLUSONE TRIO, trois musiciens amis et compagnons de route de Sean  (Han Bennink, Michel Moore, Ernst Reijseger), trois dynamiteurs ludiques et inventifs. C’était aussi l’année où pour la première fois nous avions (en partenariat avec la Ville du Mans) une campagne Decaux en 4m sur 3m ! Avec donc notre SEAN BERGIN en très grand format dans les rues du Mans… Han Bennink, grand musicien mais aussi grand farceur, réussit à persuader notre trésorière, la regrettée Maryvonne, de lui trouver cette affiche en grand format de leur copain !

Et qu’en firent-ils ? De retour à Amsterdam ils eurent la grande idée de la coller (subrepticement de nuit) sur le mur  de la maison de Sean ! Même s’il savait que nous avions utilisé son image, ce fut un drôle de choc au réveil  pour notre saxophoniste springbok !

La dernière fois que j’ai été à Amsterdam, je n’ai pas pensé à faire un tour dans la rue de Sean Bergin pour vérifier si l’affiche y était encore… qui sait ?

Texte : Armand MEIGNAN

Photo : Photo Mephisto graphitée par Caty Rousseau.