n°71

BOY BOY BOY !!!

Boy Raaymakers, qui nous a quitté à 74 ans le 30 décembre dernier, ne figure dans aucun dictionnaire du jazz ! Trompettiste virtuose, pourtant, il était simplement l’un des piliers du formidable Kollektief de Willem Breuker, qu’il « a habité » de septembre 1974 à fin 2007. Dès 1967, il tourne en Europe avec l’un des ensembles les plus légendaires de la Free-Music Européenne, Pierre Courbois Free Music Quartet puis forme son groupe avec deux américains historiques de la chose improvisée : Noël Mc Ghee et Burton Greene et il  continuera ensuite à jouer avec JC Tans ou Théo Lovendie…

On ne peut pas dire non plus que son « départ » a fait la une des réseaux sociaux, même pas aux Pays-Bas !

Si vous êtes des fans de l’Europajazz vous connaissez déjà notre amour pour Willem Breuker et son Kollektief venu de très nombreuses fois au Festival (83, 89, 94, 2000, 2007…). Il était exactement  l’image du jazz européen que l’on aimait et qu’on voulait absolument faire partager au plus grand nombre : free mais festif, décapant et populaire, alliant musique et théâtre, porteur de bonheurs musicaux partagés par tous les publics !

Dans ce Kollektief qui cultivait une mise en scène très élaborée, Boy était le clown Blanc ! Avec l’autre trompettiste du Kollektief (Andy Altenfelder), voir photo, c’était un duo d’une connivence exceptionnelle aussi bien en musique qu’en théâtralité… Lors du fameux Régional Tour 2000 du Kollektief (10 dates de La Ferté-Bernard à Laval, en passant par Flers, Sillé-Le-Guillaume, la Chapelle St Aubin, Le Mans (pour un concert étudiant), Saint-Calais, Nantes (Le Pannonica), la Flèche, Savigné-l’Evêque avec ma maman comme spectatrice enthousiaste et Laval…), Boy fut le roi, essayant de parler français, de parler avec  les responsables de lieux, le public… Un Régional Tour de légende, l’un des plus beaux peut-être…

Boy, impayable musicien triste mais si chaleureux, qui quitta le Kollektief trois ans avant la mort de Willem Breuker car il ne supportait plus de le voir diminué par la maladie… Boy qu’on aurait dû inviter avec ses groupes… Boy restera un musicien « inconnu » des dictionnaires du jazz, comme un soldat oublié, mais pas d’Arc de triomphe au-dessus de sa tête, rien que la reconnaissance infinie de quelques fans qui  connaissaient son talent et sa générosité !

La grande histoire est injuste souvent, celle du jazz encore plus…

 

Photo et texte : Armand Meignan.