N°37

JOHN-ALBERT….

Le 22 août dernier (à 73 ans) disparaissait le guitariste américain John Abercrombie. Personnage charmant et sympathique, guitariste excessivement lyrique, à la fois aérien et sophistiqué, au son très « coulé »,  clair, parfois saturé mais aux improvisations toujours limpides. Ses différentes prestations à l’Europajazz sont restées des grands moments de l’histoire du festival : En 1989 avec le fameux Oktokaleidoskop project d’Henri Texier (Romano, Motian, Lovano, Frisell, Wheeler, Swallow…), en 2002 avec son célèbre quartet « Ecm » (Feldman, Johnson,Baron) et en 2008 (en invité du trio Liebman, Celea, Reisinger).

Mais c’est en 2002 que se situe l’anecdote que je viens vous raconter. Comme toujours, quand les musiciens arrivent à Roissy ou à Orly, nous allons les chercher en minibus afin de simplifier leur transfert jusqu’au Mans. Certains « chauffeurs » du festival font partie de notre histoire (Lô, Yves, Bob, Bellène…), ils sont souvent la première image du festival que rencontrent les musiciens et auraient mille choses à raconter sur ces « voyages » après minuit ou très matinaux.

En 2002, pour une raison que j’ai oublié nous avions envoyé un jeune stagiaire, parlant parfaitement anglais mais tout à fait ignorant de l’histoire du jazz (ce qui dans cette fonction de chauffeur est plutôt une qualité car un « non-fana de jazz » ne pose pas mille questions à un musicien qui  n’aspire qu’à la tranquillité après un voyage souvent long !). Voyage parfait, John arrive sans encombre à l’Abbaye de l’Epau… Et là avec son regard malicieux (genre Droopy flapi !) il me dit : « Tout va bien, mais pourquoi il m’a appelé JOHN-ALBERT pendant tout le voyage, mon deuxième prénom c’est LAIRD ?»… Avec mon anglais (simplet), j’ai tenté de lui expliquer qu’il pensait qu’il se nommait : JOHN-ALBERT CROMBIE ! J’ai ajouté que ce n’était pas grave car demain il allait chercher : JOHN-MARC LAUGHLIN……….Et John partit d’un grand rire, lui si discret !

 

Texte et photo : Armand MEIGNAN