Les Marabout Orkestra en plein concert au foyer de l'établissement Renoir, à Angers.

LE FESTIVAL EUROPAJAZZ FAIT SWINGUER LE LYCEE RENOIR D’ANGERS

Marabout Orkestra, groupe jazz aux influences africaines, investit une quinzaine de lycées jusqu’à fin mars, dans le cadre du festival Europajazz. Rencontre avec les musiciens, élèves et professeurs, au lycée Auguste et Jean Renoir, à Angers.

   

Les Marabout Orkestra en plein concert au foyer de l'établissement Renoir, à Angers.

Les Marabout Orkestra en plein concert au foyer de l’établissement Renoir, à Angers.

  • Angers, le 16 mars 2017, reportage

9 h au lycée Auguste et Jean Renoir. Au premier étage, les élèves se cassent le nez à la porte du centre de documentation. « Fermé jusqu’à 15 h. » Mais, à l’intérieur règne une agitation inhabituelle. Sept musiciens ont installé leurs instruments entre les rayons de livres. Une quarantaine de lycéens de 1re et 2nd sont assis, attentifs. Tous attendent le début de l’intervention du groupe Marabout Orkestra.

Les six musiciens participent à une tournée de concerts, précédés d’ateliers, dans les lycées de la région. Le saxophoniste Xavier Thibaud est un habitué des présentations pédagogiques. Il débute la séance en exposant les caractéristiques de chaque instrument : saxophones, batterie, guitare…

Malo Darcel, le plus jeune de la troupe, saisit fièrement le sien. « C’est un soubassophone ! Il pèse 12,5 kg, détaille-t-il. La fanfare de mon lycée avait, à l’époque, besoin de quelqu’un qui joue de cet instrument. Dans notre groupe, j’ai le rôle du bassiste. »

En ce début d’atelier, les jeunes sont avares de questions. Mais Xavier a la situation bien en mains. « Qui est musicien dans la salle ? » Deux lycéens lèvent timidement la main. « Et vous écoutez quoi comme musique ? » Un élève s’exclame : « On écoute du rap US et c’est tout ! »

Xavier tente : « Nous, nous faisons de la musique aux influences africaines. Vous connaissez peut-être Fela Kuti ? »… Catherine Bahbah, professeur d’anglais, fronce les sourcils. « On en a parlé en cours ! Et de l’évolution du negro spiritual au hip-hop, le mouvement des droits civiques… »

Chaque professeur a bien bossé l’intervention du groupe en amont avec ses élèves.

Les langues se délient ensuite rapidement et les questions fusent. « Comment êtes-vous venus à la musique ? », « Quels musiciens vous ont influencé ? », « Comment s’est formé votre groupe ? »… Chaque musicien prend la parole pour décrire son parcours. Johann écoute en ce moment de la musique haïtienne des années 1960, Malo est encore étudiant… Tous ont commencé la musique très jeune, ont voyagé, vivent de leur musique.

Les questions des lycéens sont entrecoupées d’intermèdes musicaux. « Pour faire découvrir l’incroyable richesse de la musique africaine », sourit Xavier. Un autre groupe d’élèves participe à l’atelier après la récré. Et la gaieté des Marabout Orkestra est communicative. Tous veulent aller plus loin dans la découverte du jazz.

Après un repas rapidement expédié à la cantine de l’établissement, le groupe finit d’installer câbles et instruments au foyer. Là, plus d’une centaine de jeunes attendent le concert.

Une heure de musique, ponctuée d’applaudissements. Quelques bras se lèvent avant de partir pour le cours de maths ou de géo. « Qu’est-ce que ça vous apporte de venir dans notre lycée ? » Xavier prend la parole : « Ça m’apporte que vous n’auriez jamais poussé la porte d’une salle de concert qui présente une musique de noirs jouée par des blancs mal habillés ! »

Camille Archambault